• Panzerpappa - Pestrottedans (03/2016)

    Panzerpappa est un groupe norvégien basé à Oslo et à l'histoire assez mouvementée. On simplifiera et résumera en disant qu'à la base, il s'agit d'un projet monté par le seul Trond Gjellum en 1996. Au cours d'une collaboration avec le groupe de prog metal Sangioveze, il rencontre Steinar Børve avec lequel il trouve quelques affinités qui vont les amener à développer Panzerpappa comme un véritable groupe. Ils enregistrent leur 1er album "Passer Gullfisk" en 2000. Suivront 4 autres albums, échelonnés entre 2002 et 2012. Émaillée de divers changements de line-up jusqu'en 2002, la structure du groupe reste stable depuis cette date. "Pestrottedans" sorti en mars dernier est leur 6ème album, 4 ans après "Astromalist".

    La musique proposée par Panzerpappa est du RIO: Rock in Opposition. Historiquement, le mouvement RIO est né vers le milieu des années 70 dans le but de "faire du rock autrement en s'opposant à l'industrie du disque" (cf. wikipedia). Si ça a bien fonctionné pour quelques-uns (complètement ignorés par les maisons de disque), il n'en a pas été de même pour beaucoup d'autres. Alliant sonorités rock, jazz, fusion, expérimentales et psychédéliques, le genre n'a depuis jamais cessé de prendre de l'ampleur et de s'étoffer. Beaucoup se sont aussi frottés au RIO, en y mettant un pied ou les deux, suivants les périodes. MagmaGongUnivers ZeroCamelOzric TentaclesSteve HillageZappa et King Crimson en font partie.

    Panzerpappa se situe dans la catégorie de ceux qui ont les 2 pieds dans le RIO. On trouve dans leur musique beaucoup de similitudes avec les groupes pré-cités, notamment Zappa et King Crimson, auxquels on pourrait aussi ajouter Soft Machine et Van der Graaf. Inutile de dire que l'écoute n'est pas facile, surtout si on est amoureux des mélodies harmonieuses, des refrains accrocheurs ou des riffs binaires. A l'inverse, les amateurs de dissonance, de ruptures et d'expérimentations y trouveront largement leur compte. 

    J'avoue que pour ma part, ce n'est pas le style de musique que j'écoute tous les jours, mais plutôt à petites doses. C'est une musique qui demande beaucoup d'attention pour en apprécier toutes les subtilités, les nuances et la profondeur. Si la technicité et la virtuosité des musiciens sont flagrantes, il n'en est pas de même de la richesse des compositions, au niveau de l'écriture s'entend, et plusieurs écoutes sont nécessaires pour estimer et déguster cet album à sa juste valeur.

    Les gens qui n'aiment pas le prog ont tendance à dire qu'il y a "trop de notes". Les amateurs de prog qui n'aiment pas le RIO, eux, disent simplement qu'il y a "trop de notes".


    Faudrait savoir...

       

     

    J-Yves

     


    3/5: *****







    Pestrottedans

    1. Spådom (4:11)

    2. Pestrottedans (7:05)

    3. Barkus i Vinterland (6:04)

    4. Fundal (6:54)

    5. Tredje malist (4:13)

    6. Landsbysladder 3 (8:26)

    7. Goda' Gomorrah (6:25)



    Panzerpappa - www.facebook.com/Panzerpappa

    Steinar Børve: saxophones, Akai electric wind instrument, keyboards 

    Trond Gjellum: drums, percussion, samplers and programming 

    Anders K. Krabberød: bass, Chapman stick

    Jarle Storløkken: guitars, keyboards, accordion 

    Hans-Petter Alfredsen: keyboards 





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  • Ariel Ariel - Mwen Menti (05/2016)

    Ariel Ariel est une toute jeune formation bordelaise. Aux manettes, on y trouve Ariel Tintar, qui écume les scènes de la région depuis pas mal de temps en collaborant notamment avec le groupe Pendentif, et qui ici décide de voler de ses propres ailes en s'entourant de quelques musiciens. "Mwen Menti" est leur premier EP, sorti en mai dernier.

    Natif de Martinique, Ariel arrive très tôt à Bordeaux où il va suivre une formation classique de piano, au Conservatoire de la ville. Cette formation alliée à ses origines créoles vont lui servir à établir son style musical, entre rigueur issue du classique et couleurs pastels d'une indie pop chatoyante ("Mon île").

    La voix haut perchée, presque céleste, d'Ariel nous transporte pour des moments de pur délicatesse ("Mwen Menti"). Mais c'est parfois pour nous prendre par surprise, au détour d'accords puissants ("Odessa"). Si "Condition Féminine" (paradoxalement chanté en anglais) est plus standard dans la forme, assez similaire à ce que peut proposer un Temper Trap (au hasard), on a tendance à préférer lorsque l'ambiance se fait plus douce, tel ce très beau et très émouvant "Souviens toi" en mode piano-voix.

    On n'écoute pas cet EP comme d'autres. Il est pétri d'une forte personnalité et d'un charme certain, et même s'il ne dure que 20 petites minutes il propose une palette riche de sons et de musicalité, tout en distillant une belle dose d'émotion.  

    Une bien belle découverte pour un EP réussi et qui sort de l'ordinaire. Comme on dit: "à suivre !"...

     

     

    J-Yves



    4/5: *****






    Mwen Menti - soundcloud.com/arielariel

    1. Comme Toi (3:38)

    2. Mwen Menti (3:01)

    3. Mon île (4:05)

    4. Odessa (3:08)

    5. Condition Féminine (4:35)

    6. Souviens-toi (3:25)

     

     

    Ariel Ariel - www.facebook.com/ArielArielmusic

    Ariel Tintar: chant, piano

    Louis Gaffney: basse

    Blandine Millepied: claviers

    Swann Vidal: batterie

     

     

     

     

     

     

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  • In The Canopy - Talking Monkeys (04/2016)

    Il y a des groupes dont on tombe sous le charme dès les premières notes du premier morceau qui nous traverse les oreilles. Ça nous est tous arrivé, au moins une fois. Pour ma part c'est arrivé souvent, et ça continue. Je me dis que tant qu'on a ce genre de coup de foudre, c'est que le cœur et les oreilles fonctionnent correctement. D'un certain côté, c'est rassurant.

    Je suis tombé dans les filets d'In The Canopy un soir de décembre 2012, à l'écoute de leur 1er EP "Never Return" que j'avais aussitôt chroniqué dans la foulée (lire chronique). Deux ans plus tard, leur 2ème EP "The Light Through", faisant suite à un passage à Rock en Seine, au Printemps de Bourges puis à l'émission de France Inter "On va tous y passer", confirmait ce qu'on pressentait: le potentiel du groupe commençait à éclater au grand jour (chronique).

    Un an et des poussières plus tard, nous voici avec leur 1er LP: "Talking Monkeys" (04/2016). Plus que le passage de l'EP au véritable album, il va maintenant être intéressant d'étudier l'évolution musicale, de l'identité et plus généralement l'orientation suivie par le groupe.

    Cet album a prit le temps de naître, près de 4 ans depuis leur date de formation. C'est dire si Joachim et sa bande n'ont pas bâclé la chose. A la manière de leurs compositions, le style s'est doucement mis en place, pour arriver aujourd'hui à ce rock atypique, hors format et décalé qui fait leur spécificité. Essayer de décrire la musique d'In The Canopy n'est pas facile. L'Art Rock n'est pas du prog' à proprement parler, mais enfin, ça y ressemble méchamment. Un rock où les rythmes changent sans cesse, avec une succession de montées et de baisses de régime et où les structures des compositions sont à géométries variables. Les atmosphères electro des premiers EP ont laissé la place à une ambiance beaucoup plus énergique, plus puissante. Le ton s'est nettement durci. La thématique de l'album a pour sa part contribué à l'apport de nouvelles sonorités, plus tribales. Le jeu de batterie et les percussions de Thomas s'en trouvent ainsi bien mieux mis en avant, ce dont on est loin de se plaindre ("Lightshot", "We Got Tears") !.. Des rythmes soutenus par des lignes de basse toujours aussi agréables et sautillantes ("Achtung Hunter", "Light Dark Light"). On n'occultera pas, de la même manière, le jeu évolutif des guitares et des claviers, ces derniers ayant tendance à rester bien plus en retrait qu'auparavant. Il n'y a que sur le superbe "Nightfall" qu'on retrouve les réminiscences des grandes nappes de claviers de "Never Return". Enfin, le style d'ITC est basé sur le chant et la voix de Joachim. Moins aérienne, moins haut perchée, elle n'a rien perdu de sa capacité à émouvoir et transporter l'auditeur vers les cimes... Rares sont les voix qui procurent chez moi autant d'émotion que sur "How Long" ou "Waiting to Die"; et techniquement il ne doit pas y avoir beaucoup de monde capable de chanter le bouleversant "Rules of Past" !

     

    Sans parler de musique expérimentale ou innovante, le rock d'ITC reste avant-gardiste. Parce que hors norme et hors standards. Une musique subtile: on y trouve l'énergie, la douceur, le dynamisme et la puissance, mais à doses éparses, savamment distillées. Ce n'est jamais linéaire, plat ou redondant, mais au contraire varié, changeant, étonnant et.. détonnant. Je reprochais dernièrement dans une chronique la façon qu'ont certains de rester sagement "dans les clous". 

    Ce que j'adore avec les musiciens d'In The Canopy, c'est qu'ils sont partout ailleurs...  

     

     

     

    J-Yves

     


    5/5: *****








    Talking Monkeys - inthecanopy.bandcamp.com

    1. Lightshot (3:04)

    2. How Long (3:49)

    3. Along With The Dancer (4:08)

    4. Nightfall (3:59)

    5. We Got Tears (3:35)

    6. Waiting To Die (2:20)

    7. Achtung Hunter (5:03)

    8. Light Dark Light (3:40)

    9. Catch A Predator (5:58)

    10. Rules Of Past (3:55)


    In The Canopy - www.inthecanopy.fr

    Joachim Müllner: Chant

    Thomas Martinez: Guitare

    Maxime Lunel: Guitare, Claviers

    Erwan Karren: Basse 

    Thomas Chalindar: Batterie 




    photo: (c) In The Canopy 




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  • Orange Bud - Peacock on an Iceberg (04/2016)

    Orange Bud, on connaît, du moins ceux qui lisent régulièrement ce blog. On en a parlé il y a plus de 2 ans pour la sortie de leur premier album "Losses" (lire chronique). Depuis, les rhônalpins, basés à Chambéry, ont poursuivi leur progression: participation à plusieurs festivals dont le Printemps de Bourges en 2013, réalisation de clips et enregistrement d'un EP "Acoustic Breathing" (2014) qui, comme son nom l'indique, est entièrement acoustique. En avril dernier, il viennent de sortir leur 2ème album, ce "Peacock on an Iceberg".

    Groupe privilégiant la scène, il lui a fallu prendre sur lui pour réduire ses apparitions et se concentrer sur le présent objet, fruit d'un travail collectif aussi bien au niveau des compositions que des arrangements. 

    Le résultat est net, dès la première écoute: les morceaux possèdent une réelle profondeur, les instrumentations sont plus riches et l'interprétation plus nuancée que sur "Losses". La couleur musicale reste la même: très proche d'un John Butler Trio ou d'un Ben Harper, le blues folk électrique proposé est toujours aussi balancé et charpenté ("Delicate Laces", "Oaks and Wolves"), dynamique et puissant ("Frenetic Bird", "When I Wanted"). Nouveauté: des morceaux aux rythmes décalés et changeants ("On My Stolen Ship", "Peacock on an Iceberg"), ou encore poétiques et atmosphériques ("Hanging by a Thread", "The Wild Wild Airs").

     

    Les 40 minutes de l'album déroulent sans aucun temps mort ni baisse d'intensité. La variété des titres y est certainement pour beaucoup. Mais je noterais pour ma part une présence moins envahissante du chant que j'avais à l'époque (légèrement) regretté sur Losses. Pas que je n'aime pas la voix de Clémentine, au contraire ! (une belle voix chaude et puissante) mais est-ce un travail au niveau de la production (excellente !), ou bien de l'écriture ?.. le fait est que le chant s'en retrouve du coup bien mieux mis en valeur, au bénéfice de l'ensemble.

    Facile d'écoute, très agréable, tantôt dansant, tantôt introspectif, nous avons là un bien bel objet qui se diffuse dans nos oreilles. On se régale des parties de slide-guitare, la contrebasse est ronde à souhait et la batterie sait à la fois rester discrète ou faire monter la sauce. Bref, c'est nickel.

    Il serait vraiment dommage de passer à côté de cette petite merveille musicale, qui prouve s'il en était besoin que les Anglo-saxons sont loin d'avoir le monopole du blues folk de qualité. 

     

     

    J-Yves

     

    4/5: *****






    Peacock on an Iceberg - orangebudmusic.bandcamp.com

    1. Somersault Lullaby (3:57)

    2. On My Stolen Ship (3:24)

    3. Delicate Laces (4:09)

    4. Frenetic Bird (3:25)

    5. Oaks and Wolves (4:02)

    6. Hanging by a Thread (1:47)

    7. Peacock on an Iceberg (3:44)

    8. Nine (4:30)

    9. The Wild Wild Airs (4:18)

    10. When I Wanted (3:59)

    11. Next Fireworks (2:20)



    Orange Bud:  www.orangebud.fr

    Clémentine DUCHEMANN: Chant  

    Thomas VOULHOUX: Guitares

    Bastien FAMELART: Contrebasse

    Quentin LAVY: Batterie



    photo: (c) Arthur Hennard







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  • Jonas and I - These Days (05/2016)

    Jonas and I est un tout jeune groupe finlandais (Kuopio). Oui je sais: encore la Finlande ! Ben, j'y peux rien s'il s'y passe un tas de (bonnes) choses musicalement parlant, et variées. Parce qu'ici on ne va pas parler de prog ni de metal, les 2 grandes spécialités du pays, mais de folk. Un folk plaisant, doux, léger, harmonieux. Printanier.

    Difficile de croire que ce "These Days", qui sort aujourd'hui même, est le premier album de Jonas et sa bande, tant il est cohérent, varié, maîtrisé et pour tout dire sans faux-pas. Les musiciens parviennent parfaitement à retranscrire dans leurs chansons leur jeunesse, leur fraîcheur, leur penchant pour la liberté et les grands espaces. Ils expliquent dans leur bio que certains titres ont été écrits pendant qu'ils voyageaient autour du monde, et on les croit volontiers parce que ça s'entend !

    L'écoute est un réel plaisir, et vous file une sensation de bien-être qu'on rencontre rarement (surtout pour ceux d'entre nous habitués à écouter du metal-prog, du post-rock ou du hard...). "What You Do" ou "Alarm Clock" sont furieusement mélodieux et onctueux, "Liz" est délicate et entraînante, "These Days" vous fait respirer l'air des grands espaces à plein poumons, quand le splendide "Awake or Dreaming" vous invite à admirer un magnifique coucher de soleil.


    Jonas and I fait partie de ces artistes qui proposent un folk "consistant", qui sort de l'ordinaire tout en ne révolutionnant pas le genre, soyons honnête. 

    A l'instar d'un King Charles (lire chronique du "Gamble for a Rose"), d'une Jaylis (chronique "My Lonely Shadow") ou d'un Auguste (chronique "La Tristesse des Autoroutes"), on s'éloigne ici de ceux qui suivent les routes toute tracées ou qui perdent leur spontanéité originelle (cf. le décevant "Cleopatra" des Lumineers).

    Printanier. Pas parce qu'on court derrière les papillons à moitié à poil dans les champs de coquelicots, mais parce qu'on retrouve les rayons de soleil, la lumière et la brise légère qu'on attendait avec impatience tout au long de l'hiver.

    Un brin de fraîcheur, un vrai. Un folk bio, 100% naturel. On en redemande !

     

     

    J-Yves

     


    4/5: *****









    These Days

    1. Opening (1:05)

    2. What You Do (3:35)

    3. Alarm Clock (2:45)

    4. Going Home (3:03)

    5. Crossroads (4:50)

    6. Liz (3:07)

    7. Same Old Lane (3:30)

    8. Awake or Dreaming (4:45)

    9. These Days (3:15)

    10. Goodbye (3:43)



    Jonas and I - www.jonasandi.com - facebook

    Roope Hakkarainen:vocals, guitar

    Jonas Ursin: guitar, keys, vocals

    Juho Väliaho: keys, vocals

    Santeri Laitinen: bass, vocals

    Antti Alvasto: drums, percussions


    Guests:

    Tero Holopainen: lapsteel

    Antti Hevosmaa: trumpet, flugelhorn

     

     

    photo: (c)Humu Records - Sampo Jaakola

     

     

     

     

     

     

     

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    Gatha

    Renaissance *****

     

     

    Gatha - Renaissance (03/2016)

    Gatha, dans la vraie vie, s'appelle Agathe. Originaire de Bordeaux, elle y suit les cours de violoncelle du conservatoire dès son plus jeune âge. Attirée aussi par la danse et le chant, son penchant pour l'écriture de chansons lui fera finalement choisir de devenir auteur-compositeur-interprète. Après un premier EP "Fuir" sorti en 2014, elle nous propose cette fois-ci un autre EP, "Renaissance" (25/03).

    Il ressort de sa formation classique des orchestrations riches, nuancées et multiples. La pop de Gatha navigue entre sombre beauté et lumineuse intensité. Les compositions ne se cantonnent pas dans le standardisé couplet-refrain, mais évoluent, montent doucement en puissance... Le violoncelle, loin d'être omniprésent, laisse volontiers la place aux claviers électroniques et aux boîtes à rythme, pour donner à l'ensemble un aspect à la fois mélodieux et moderne, sans pour autant verser dans la facilité ou la simplicité. La voix sombre de Gatha, jamais fragile mais souvent sensuelle, donne à ces morceaux leur dualité spécifique, entre froideur des instruments et chaleur vocale.

    Ne pas terminer cette chronique sans parler des textes (en français !): précis, délicats, à l'opposé du futile et de l'inconsistant qu'on croise trop souvent, et que certains préfèrent masquer derrière un anglais approximatif.

    Ce n'est peut-être pas flamboyant, multicolore ou festif; disons plutôt que c'est intimiste, ténébreux, tourmenté et personnel. Gatha se confie plus qu'elle ne s'expose (cf. "Oublie tout"). Et non seulement c'est beau, mais c'est réussi.






    Renaissance

    1. Renaissance (4:02)

    2. Léo (4:05)

    3. Amours Avortées (3:30)

    4. Les Marcheuses de la Nuit (4:35)

    5. Oublie Tout (3:20)


    Gatha - www.gatha.fr

     

    Gatha: violoncelle, chant, musique, textes

    Jean Thevenin: batterie




     

     

     

     

     

    Casablanca Drivers

    Donde Estoy ? *****

     

     

    Casablanca Drivers - Donde Estoy ? (03/2016)

    Les Casablanca Drivers, eux, nous viennent tout droit de la West Coast. Ni Los Angeles ni San Francisco, non, disons plutôt la côte ouest de la Corse, Ajaccio plus précisément. Formé en 2011 par 5 copains, le groupe sort son premier EP "2002Pizza" en 2014. S'ensuit une longue série de concerts et festivals qui les conduiront un peu partout en France et souvent à Paris. C'est d'ailleurs à la capitale qu'ils décident de s'installer pour enregistrer leur 2ème EP, ce "Donde Estoy ?" sorti le 23 mars dernier. 

    Musicalement, le désormais trio propose un rock très années 80 avec quelques légères touches psychédéliques (plus visuelles que sonores) avec cette décontraction et cette nonchalance dont on affuble volontiers les habitants de l'île de beauté. Amateurs de clins d’œil, les musiciens se plaisent à disperser et éparpiller par-ci par-là quelques riffs à la Talking Heads ("The Shore of Danger"), ou à la Cure ("Red Man" et "La Ola") quand ce ne sont pas les prémices de l'electro à la Bowie de la trilogie berlinoise ou de Kraftwerk ("Die Autobahn").

    C'est carré, formaté et ça reste sagement dans les clous. On aurait aimé plus de folie, d'extravagance, comme le laisse à penser la lecture de leur bio. On s'attend donc à ce que ça parte en vrille, à un moment ou à un autre, mais malheureusement ça n'est pas le cas. Dommage. Ceci dit, ce n'est pas parce qu'il manque de folie que cet EP ne mérite pas l'écoute, fortement conseillée !






    Donde Estoy ?

    1. Red Man (3:30)

    2. La Ola (4:10)

    3. Deverb (4:12)

    4. The Shores of Danger (4:53)

    5. Die Autobahn (4:12)

        


    www.facebook.com/casablancadrivers







    J-Yves

     






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  • Steel Jungle - Soidinmenot (03/2016)

    Suite de la série "Chroniques Nordiques" avec, dans la famille Album Complètement Barré, ce "Soidinmenot", du groupe finlandais "Steel Jungle". Groupe barré, lui aussi. De la lecture de leur (interminable) bio, il ressort que le groupe, fondé en 2006 à Helsinki par Juho Kokko (basse) et son pote d'école J. Lamminsoila (guitare), rejoints quelque temps après par P. Varis (batterie), a mis du temps à trouver et définir une ligne musicale directrice, capable d'allier les circonvolutions et les arabesques des lignes de basse, les riffs et les soli de guitare débridés et furieux, la batterie, quant à elle, devant se charger de garder tout ça un minimum cohérent (bien que le batteur vienne du punk...). Après plusieurs années de recherche, le trio s'est rendu à l'évidence: la tâche est tout simplement impossible. Conscients que leur musique est totalement "incommerciale" et inclassifiable, ils décident néanmoins de tenter l'aventure et suite à de nombreux enregistrements (des centaines, affirment-ils !) ils sortent leur 1er album studio, "Soidinmenot" le 30 mars dernier. Au passage, et si j'en crois le traducteur google, qui vaut ce qu'il vaut (c'est-à-dire pas grand-chose), soidinmenot signifie "rituel d'accouplement" en finnois...

    Résumé de la bio: fait. Pas simple, mais c'était finalement le plus facile.

    Parce que maintenant, faut tenter de décrire le style musical (enfin, "style"...), et là ça se gâte !

    A la base, dixit leur site web, il s'agit de metal expérimental finlandais. Y en a. Mais pas que. On peut y ajouter du blues, du jazz-fusion, du metalfunk, du funk tout court, du math-rock, du rock tout court, bref: indéfinissable. Impossible de citer des groupes similaires. Pour ma part je dirais un mix entre Mars Volta et Zappa, le chant en moins (l'album est entièrement instrumental), mais c'est encore loin de la vérité.

    Ce qui est certain, c'est que les 3 musiciens ont une technique hors norme, que ces 11 morceaux transpirent la virtuosité et la maîtrise, pour tout dire le talent. Changements de rythmes, de structures, d'intensité, tout y est. Les lignes de basses sont spectaculaires ("Delutions", "Light", "Steel Dido", entre autres), les parties de guitares à couper le souffle ("Wanker", "Funk Revival") et le jeu de batterie à tomber par terre. Ce n'est pas un album facile d'accès, loin s'en faut. Si les 2 premiers titres ne nous prennent pas à la gorge, "Wanker" fait monter la pression d'un cran et on se dit qu'on ne tiendra pas jusqu'au bout. Mais les lascars sont assez habiles pour jouer avec nos oreilles et alterner les changements de régimes, voire même nous prendre par surprise, comme sur ce "Shy Dragonfly" lumineux, léger et au groove imparable. 

    Pour finir, une chose que l'on ressent à l'écoute c'est le plaisir de jouer sans se prendre au sérieux. Un plaisir communicatif. Loin de ces prétentieux qui se prennent pour le(s) centre(s) du monde, ces musiciens-là font leur truc à eux, sans se prendre le chou, avec ce détachement et cette désinvolture qui signifient "voilà ce qu'on sait faire, ce qu'on aime faire, et si vous n'aimez pas et bien... tant pis ?". 


    La désinvolture: on en manque cruellement, alors dès que j'en aperçois le moindre petit bout, je prends ! Et ça fait un bien fou.



    J-Yves



    4/5: *****






    Soidinmenot

    1. Ektoplasma (3:20)

    2. Delutions (5:17)

    3. Wanker (2:32)

    4. Light (4:12)

    5. Funk Revival (2:05)

    6. Shy Dragonfly (5:10)

    7. Steel Dildo (3:45)

    8. 7th Heaven (4:18)

    9. Uncertanity (3:50)

    10. YIP (3:32)

    11. Kakofonia (2:45)

     



    Steel Jungle - steeljungle.org - www.facebook.com/steeljungleband


    Pekka Varis: batterie

    Juho Kokko: basse

    Johannes Lamminsoila: guitare






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  • De Laurentis - Brand New Soul (04/2016)

    Le nom de De Laurentis, même pour les cinéphiles en herbe comme ma pomme, fait immédiatement penser au célèbre producteur de films, parmi lesquels BarabbasUn justicier dans la VilleLes Trois Jours du CondorL'Année du Dragon ou Blue Velvet, bref on ne va pas tous les citer, il y en plusieurs centaines !...

    La De Laurentis ici présente, est une chanteuse-compositrice-productrice originaire de Toulouse, la ville de Claude Nougaro. On apprend d'ailleurs dans la biographie de la demoiselle que son papa était musicien de jazz et fût pianiste-arrangeur de Nougaro, justement.

    Après un premier EP "DeLaurentis" sorti en 2015, voici ce "Brand New Soul" à paraître le 29 avril prochain.

    Cécile (son prénom à la ville) suit les cours du Conservatoire de Perpignan, enchaîne avec des études en musicologie (spécialité jazz, on l'aura facilement deviné...) puis trace sa route aux quatre coins du monde (oui, la terre est ronde, mais elle a 4 coins, renseignez-vous bon sang !).

    La musique proposée par De Laurentis n'a que peu de liens avec le jazz: on nage en pleine electro-pop. Une electro douce, raffinée, éthérée, pour tout dire cinématographique. On est assez proche de ce que propose Cascadeur. Le premier titre, "10000 Things" n'est autre qu'une adaptation du fameux "Tubular Bells" de qui-on-sait. Même rythme, même sonorité(s), mise à part qu'ici le morceau est chanté (c'est même la 1ère version chantée du titre depuis sa création en 1973). Il est conseillé aux ayatollahs et autres intégristes du prog d'écouter le morceau avant de crier au scandale: c'est très réussi. Il paraît que Mike lui-même a apprécié le résultat.

    Si le format des morceaux est court, pas de structure classique couplet-refrain, mais des compositions à géométrie variable. Hormis "Brand New Soul" presque dansant, le reste de l'EP baigne dans un rythme relativement lent, où l'auditeur se sent comme en apesanteur, notamment sur le très beau "The Wardrobe" où l'on a littéralement la sensation de flotter...

    Difficile, une fois de plus, de ne pas rabâcher la sempiternelle rengaine: trop court !.. On a beau savoir que c'est la règle avec un EP, mais là, avec ses 17 petites minutes, on est loin d'avoir notre dose. D'autant qu'on ne relève aucun temps faible ni baisse d'intensité. Une qualité homogène de bout en bout, il fallait le souligner.

    C'est donc avec impatience et attention qu'on reste aux aguets et vigilant: dès qu'un album digne de ce nom pointe le bout de son nez, hors de question de passer à côté !

    Dans l'attente, on se repassera ce "Brand New Soul" régulièrement. Si une chose est sure, c'est qu'il fait partie de ces CDs qui ne connaîtront pas les fins de piles ou les fonds d'étagères, du moins les miennes !

     

     

    J-Yves

     


    4/5: *****






    Brand New Soul

    1. 10000 Things (Tubular Bells) (2:37)

    2. 8 mm (4:17)

    3. As a Wink (3:04)

    4. Brand New Soul (3:30)

    5. The Wardrobe (4:00)


    Composé, interprété et produit par De Laurentis - delaurentismusic.com


    www.facebook.com/delaurentis.music

     






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  • Part-Time Friends - Fingers Crossed (03/2016)

    Part-Time Friends, c'est un jeune duo: Pauline et Florent.

    Ils se croisent une première fois en 2007 à Aix-en-Provence, sur les bancs de la fac (à quelques pas donc de l'endroit où est écrit cette chronique)

    Échangent des mots, pas forcément doux. Amitié, fâcheries, complicité, bouderies... relation complexe et compliquée. Mais une même passion pour la musique et les belles chansons. Ils se recroisent quelque temps plus tard dans la capitale, et ces amis à temps partiel décident de former un duo: Part-Time Friends. Ils mettront 8 ans à tergiverser, tenter, multiplier les concerts dans les bars, collaborer avec d'autres groupes et artistes pour finalement enregistrer ce "Fingers Crossed" au Pays de Galles, et sorti le 18 Mars dernier.

    Autodidactes complets, Pauline et Florent sont avant tout à la recherche des harmonies et des mélodies. D'où leur pop fraîche, délicate et soyeuse. A l'écoute de ces 12 titres, dont ils partagent l'écriture et la composition, on ne peut s'empêcher de penser à CocoonFeistOK Sweetheart ou encore Belle and Sebastian: même sens du refrain accrocheur, même façon de proposer des chansons franches et directes, même sensibilité. A leur écoute, difficile de croire que ces deux-là passent autant de temps à s'engueuler qu'à chanter ensemble ! Leur pop est reposante, relaxante, tout en étant subtile et lumineuse.

     

    On aime la simplicité de "Here we Are", le Feist-ien "Home", ou le Belle-and-Sebastian-oriented "All the Roads", la délicatesse d'un "Johnny Johnny" ou d'un "Keep on Walking", ou encore les entraînants "This City" et "La Mer et l'Alaska" (seul titre chanté en français). Bref, il faudrait tous les citer, tant la qualité reste présente tout au long de l'album. Une mention spéciale quand même pour le poignant et très émouvant "Art Counter" qui clôt l'album de superbe manière, pour un atterrissage tout en douceur. 

    Des morceaux issus de leur propre vécu, et dont ils disent qu'ils sont "des petits pansements à l'âme... nos textes parlent de tous ces sujets profonds qui comptent, et qu'on essaie d'exprimer avec des mots simples - à commencer par notre amitié, très forte, mais aussi parfois conflictuelle."

    En tout cas un album très réussi, et croisons les doigts pour que ces amis intermittents connaissent le succès qu'ils méritent.



    J-Yves



    4/5: *****





    Fingers Crossed

    1. All the Roads (4:24)

    2. Don't Give Up (3:30)

    3. Here we Are (3:48)

    4. Home (3:35)

    5. Johnny Johnny (4:25)

    6. Summertime Burns (ft. Dan Black)

    7. The Stain (3:30)

    8. Movies (3:30)

    9. La Mer et l'Alaska (ft. Granville)

    10. Keep on Walking (2:45)

    11. This City (3:42)

    12. Art Counter (3:17)



    Part-Time Friends - www.facebook.com/theparttimefriends 

    Pauline Lopez de Ayora: Auteur, emmerdeuse (*)

    Florent Biolchini: Compositeur, gestionnaire d'emmerdeuse (*)

     

     


    Photo: (c)Part-Time Friends
     

     


    (*) dixit leur page facebook !

     



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  • DeWolff - Roux-Ga-Roux (02/2016)

    DeWolff ?.. Dès l'écoute du premier morceau, on jurerait entendre un groupe US, entre Lynyrd SkynyrdBlack(foot ou keys, au choix) et les Allman Brothers. Même façon de distiller de larges brassées de blues électrique dans un rock teigneux aux frontières du hard-rock, même façon de laisser aux morceaux le temps de s'installer, de se mettre en place (certains titres dépassent largement les 5 ou 6 minutes), de ne pas laisser le chant monopoliser le propos. On consulte alors le livret (ou plutôt le poster) qui accompagne l'album, histoire de vérifier dans quel studio du Texas ou du sud des States cet album a été enregistré: Electrosaurus Southern Sound Studio. Gagné ! Oui, sauf que ce studio est basé à... Utrecht, aux Pays-Bas. Un autre coup d’œil aux noms des musiciens nous confirme la chose: on a bien affaire à des voisins du nord de l'Europe, de ce côté-ci de l'Atlantique. Étonnant !

    Étonnant dans le sens où le trio (oui, ils ne sont que 3 à faire autant de bruit que les 9 du Lynyrd actuel) ne se contente pas de faire une resucée de southern rock, en y puisant les bonnes vieilles recettes. Étonnant surtout de la part d'un jeune groupe (fondé en 2007) qui semble vivre à 200 à l'heure: déjà 6 albums studio au compteur, plus 1 live, ce "Roux-Ga-Roux" étant leur 7ème opus !

    Comme ils le disent eux-mêmes: "une vieille âme dans un corps jeune", et à la vue de leurs photos, on se dit qu'effectivement ça ne doit pas faire longtemps qu'ils ont quitté les bancs de l'école. On en conclut qu'ils sont chapeautés par une pointure, une vieille gloire qui les a pris sous son aile. 

    Caramba, encore raté !


    Dixit le livret: album enregistré entièrement sur un 24 pistes analogique, mixé à l'ancienne, garanti sans ordinateur. Mais ils sont fous, ces jeunes !? Tous les titres sont écrits, composés, produits et mixés par eux-mêmes. A peine croyable.

    A l'écoute de "What's The Measure Of A Man" ou "Tired Of Loving You" (les 2 pièces maîtresses) on jurerait n'importe quoi, mais certainement pas entendre 3 gamins. La maîtrise technique, la qualité des compos, leur structure(s) millimétrée(s), tout y est. Disons donc 3 types hors norme, ce serait plus juste, dans un monde musical qui a trop tendance a laisser trop de place à l’électronique et aux ordis en tous genres. Ré-écouter un bon vieux Wurlitzer ou Mellotron, sans que ça fasse cliché ou ringard, quel plaisir. Et que dire de cette envolée d'orgue Hammond sur "Love Dimension" !.. j'oserais, je dirais que c'est juste jouissif.


    "Cet album vous hantera, vous paralysera et seule une incantation vaudou vous exorcisera !" annoncent-ils, ces lascars.


    Par pitié, n'appelez aucun prêtre ou marabout, laissez-moi tranquille. Envoûté je suis, envoûté je veux rester !



    J-Yves



    4/5: *****







    Roux-Ga-Roux

    1. Roux-ga-roux (0:50)

    2. Black Cat Woman (5:02)

    3. Sugar Moon (4:18)

    4. Baby's Got a Temper (4:55)

    5. What's the Measure of a Man (7:40)

    6. Easy Money (3:53)

    7. Lucid (4:40)

    8. Stick it to the Man (4:23)

    9. Tired of Loving You (7:40)

    10. Love Dimension (6:03)

    11. Toux-da-loux (2:05)



    DeWolffwww.dewolff.nu

    Pablo Van De Poel: Chant, Guitares 

    Luka Van De Poel: Batterie, chant (1, 3, 11)

    Robin Piso: orgue Hammond, Wurlitzer, Mellotron, piano, synthé


    Guest:

    Joep Bollinger: Basse



    photo: (c) DeWollf






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